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Un peu à l'écart du bourg de Liré, le site de la Turmelière invite à la promenade.
Au fond d'un vaste parc romantique s'élève un château massif construit à la fin du XIXème siècle. Mais le promeneur curieux découvrira derrière cet édifice, un peu en contrebas et dissimulés par les arbres, les restes imposants d'un manoir médiéval. Ces ruines sont celles de la demeure natale de Joachim du Bellay, cette " pauvre maison " qu'à Rome il regrettera.
Le château primitif date du 13è siècle et fut restauré au 15è siècle par Perceval Chabot, aïeul de la mère de Joachim du Bellay. La Turmelière est alors une place-forte où les Seigneurs de Liré se retranchaient en cas de guerre. La position du bâtiment, entre coteaux escarpés et une petite vallée, le rendait quasiment imprenable. Le grand-père maternel du poète s'y installe en 1472.
En 1504 Jean du Bellay, père de Joachim, épouse Renée Chabot, l'héritière de la Turmelière et de Liré, qui entrent dans le patrimoine des Du Bellay.
Joachim du Bellay est né à la Turmelière vers 1522-1525. Il y passera toute sa jeunesse et il est certain que les paysages de bocage qui entourent le château ont pu inspirer au poète son attachement à la douceur angevine… La Turmelière demeure possession des du Bellay jusqu'en 1562, date à laquelle décède, sans descendance, Claude du Bellay, neveu de Joachim, mort deux ans plus tôt. Le domaine revient alors à la sœur du poète Catherine, mariée à Christophe du Breil. Jusqu'en 1643 les du Breil sont maîtres de la Turmelière.
De 1643 à 1772 ce sont les de La Bourdonnaye qui vivront à la Turmelière car Marie du Breil, dernière du nom, épouse Jean de La Bourdonnaye en 1643. C'est à elle que l'on doit la chapelle et la Fuye édifiées vers 1660.
En 1772 le seigneur de La Bourdonnaye qui portait le titre de marquis de Liré, totalement ruiné, devra se résoudre à vendre les terres de ses ancêtres aux Thoinnet. De 1772 à 1793 les Thoinnet résideront dans le vieux manoir jusqu'à ce que les colonnes infernales l'incendient pendant les guerres de Vendée. Le manoir ne sera jamais restauré.
Aujourd'hui les ruines appartiennent à la commune de Liré, et on peut en faire le tour. Lieu de flânerie, de rêverie et de mémoire, elles dégagent ce je-ne-sais-quoi de magique, qui imprègne toute maison d'écrivain. L'ombre de Joachim semble y être partout présente, près de la cheminée, ou face au paysage quasiment inchangé depuis le 16è siècle…
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